Remontées Capillaires : Solutions Efficaces pour Éliminer l’Humidité des Murs

Résumer avec l'IA :

Un mur qui noircit au ras du sol, une odeur lourde qui s’installe dans l’entrée, un bas de cloison qui se boursoufle derrière le canapé… Les remontées capillaires transforment doucement un logement en milieu humide, sans fracas, mais avec des conséquences bien réelles sur le confort, la santé et la solidité du bâti. L’enjeu n’est pas seulement de cacher les taches, mais de comprendre comment l’eau remonte depuis le sol, pourquoi elle s’y maintient, et quelles solutions permettent enfin de retrouver des murs secs et respirants.

Dans de nombreuses maisons anciennes, et de plus en plus souvent dans des rénovations rapides ou mal pensées, l’humidité ascensionnelle se glisse derrière les plinthes, le carrelage ou le placo. Pourtant, il existe aujourd’hui des méthodes fiables pour diagnostiquer correctement le problème, couper la remontée à la base et accompagner le séchage avec des matériaux adaptés. Entre injection, drainage, électro-osmose, enduits respirants et bonnes pratiques de prévention, chaque habitation peut trouver un traitement sur mesure, efficace et durable, à condition de ne pas croire aux “couches de peinture miracle”.

Peu de temps ? Voici l’essentiel :
Identifier clairement une remontée capillaire avant tout traitement, en observant les traces au bas des murs, les “vagues” d’humidité et la présence de salpêtre.
Couper la remontée d’eau à la source (souvent par injection d’hydrofuge) plutôt que multiplier les couches de peintures ou d’enduits étanches en surface.
Utiliser des enduits et finitions respirants pour permettre au mur de sécher dans la durée, sans piéger l’humidité derrière un revêtement imperméable.
Gérer les sels et le salpêtre avec des techniques adaptées, en respectant les temps de séchage pour éviter que les cloques ne réapparaissent après quelques mois.
Soigner le diagnostic et la prévention : vérifier l’écoulement des eaux pluviales, le niveau des sols extérieurs, la ventilation et l’état des doublages intérieurs.

En bref :

  • Les remontĂ©es capillaires proviennent de l’eau du sol qui migre dans les murs poreux et s’accumule en bas de paroi, en laissant des sels minĂ©raux et des taches caractĂ©ristiques.
  • Un bon diagnostic distingue remontĂ©e capillaire, condensation et infiltration, ce qui Ă©vite de dĂ©penser pour des traitements inadaptĂ©s ou purement cosmĂ©tiques.
  • Les solutions efficaces combinent une coupure de capillaritĂ© (injection, parfois Ă©lectro-osmose et/ou drainage) et des finitions respirantes qui accompagnent l’assèchement.
  • Les enduits ciments et peintures plastiques sont rarement vos alliĂ©s sur un mur humide : ils bloquent l’évaporation et accĂ©lèrent les dĂ©gradations.
  • La rĂ©paration durable tient autant Ă  la prĂ©vention (gestion des eaux de pluie, choix des matĂ©riaux, isolation adaptĂ©e) qu’au traitement lui-mĂŞme.

Remontées capillaires : bien reconnaître l’humidité ascendante pour éviter les erreurs de traitement

Avant de parler de résine, de drainage ou de grands travaux, la clé consiste à comprendre ce qui se passe dans le mur. Une remontée capillaire correspond à une humidité ascendante : l’eau contenue dans le sol progresse à travers les pores des matériaux (brique, pierre, parpaing, mortier, plâtre) et monte par capillarité, exactement comme dans une mèche ou un sucre posé dans le café. Cette eau transporte des sels minéraux qui se cristallisent en séchant, fragilisant les enduits et laissant des traces blanches typiques.

Un premier indice fiable est la localisation des dégâts. Les marques liées aux remontées se trouvent presque toujours en bas des murs, sur 20 à 80 cm de hauteur, avec un effet de “vagues” irrégulières. La limite n’est pas parfaitement horizontale : elle monte par endroits, redescend à d’autres, selon la structure de la maçonnerie. Les plinthes peuvent gondoler, les peintures cloquer, et le bas des papiers peints se décoller malgré des retouches répétées.

À l’inverse, une infiltration de façade se manifeste souvent plus haut, près d’une fissure, d’un appui de fenêtre, d’une gouttière ou d’une toiture défaillante. La condensation, elle, se loge volontiers dans les angles froids, derrière les meubles, autour des fenêtres ou au plafond, avec des gouttelettes et de petites moisissures gris-vert. Savoir faire cette différence, c’est déjà économiser des devis inutiles.

Les signaux sensoriels sont tout aussi parlants. Dans un salon chauffé correctement, un mur soumis aux remontées capillaires reste anormalement froid au toucher, surtout au pied. L’air ambiant peut dégager une odeur persistante de renfermé, particulièrement au rez-de-chaussée, dans un couloir peu ventilé ou une cage d’escalier. Certaines familles racontent qu’elles “n’arrivent jamais à se sentir vraiment au sec” dans ces pièces, même radiateurs allumés.

Un exemple concret illustre bien la situation : dans la maison de Nadia et Karim, une rénovation rapide a été réalisée avant l’achat. Doublage en plaques de plâtre, peinture soignée, nouveau sol vinyle. Deux hivers plus tard, des cloques apparaissent sur 30 cm de hauteur derrière le canapé, puis un dépôt blanchâtre se forme sur la plinthe. Réflexe spontané : repeindre avec une “peinture anti-humidité”. Résultat : les cloques reviennent, plus nombreuses, car le mur ne peut pas respirer et l’eau continue de monter depuis le sol.

Dans ce type de cas, les signes typiques sont souvent visibles derrière les finitions : salpêtre, enduit qui sonne creux, papier peint qui se décolle par le bas. Pour approfondir les bons gestes et éviter d’abîmer le support en voulant tout gratter, il est utile de consulter un guide détaillé sur l’élimination du salpêtre sur les murs, qui remet la cause réelle au cœur de la réflexion.

Pour conforter votre diagnostic, une observation méthodique aide beaucoup :

  • RepĂ©rer la hauteur maximale des taches et leur rĂ©gularitĂ© sur tout un pan de mur.
  • Comparer intĂ©rieur et extĂ©rieur : la remontĂ©e peut aussi se lire sur les façades de soubassement.
  • VĂ©rifier l’historique des travaux : terrasse bĂ©ton coulĂ©e rĂ©cemment, trottoir bitumĂ©, isolation intĂ©rieure.
  • Noter si le problème s’aggrave par temps chaud, quand l’évaporation du mur est plus forte.

La plupart des professionnels réalisent ensuite des mesures d’humidité dans l’épaisseur du mur pour confirmer l’origine ascensionnelle. Cette étape, loin d’être un luxe, évite de traiter une simple condensation par un chantier lourd, ou au contraire de sous-estimer une remontée capillaire qui affaiblit la maçonnerie depuis des années.

Un diagnostic posé sereinement, en croisant indices visuels et mesures, devient la meilleure protection contre les dépenses inutiles. Une fois cette base solide acquise, il devient possible de s’intéresser calmement aux causes profondes de ce phénomène dans le bâti.

découvrez des solutions efficaces pour éliminer l'humidité des murs causée par les remontées capillaires et protéger votre habitat durablement.

Causes des remontées capillaires : comprendre pourquoi l’eau remonte dans vos murs

Si l’humidité remonte, ce n’est pas un hasard ni une fatalité. Les remontées capillaires apparaissent lorsque plusieurs conditions se combinent : une absence ou une rupture de barrière étanche à la base des murs, un sol qui reste humide longtemps, des matériaux naturellement poreux et, parfois, des travaux qui ont modifié l’équilibre de la maison. Comprendre ce cocktail, c’est pouvoir agir sur les bons leviers sans se disperser.

Dans les bâtis anciens, la coupure de capillarité n’existait souvent pas. Les murs reposent directement sur les fondations, elles-mêmes au contact de terres humides. Rien, ou presque, ne bloque la migration de l’eau. À cela s’ajoute la nature des matériaux : briques pleines, pierres calcaires, moellons, mortiers à base de chaux ou de plâtre possèdent une multitude de micro-canaux où l’eau peut circuler. Ces maçonneries ont longtemps fonctionné grâce à une bonne capacité à sécher vers l’extérieur et l’intérieur.

Le problème apparaît vraiment lorsque l’eau du sol devient plus abondante ou moins évacuée. Des terrains naturellement humides, proches d’un cours d’eau ou en cuvette, saturent vite. Une cour en enrobé, une dalle béton ou une terrasse plaquée contre la façade limitent l’évaporation du sol au pied du mur. La base de la maison baigne alors dans un environnement imbibé, et la maçonnerie joue son rôle d’éponge.

Dans le cas de Bernard, qui a rénové une maison de village, le scénario est parlant. Pour moderniser la cour, il a fait poser un beau béton décoratif, parfaitement imperméable, à la hauteur du bas des murs. L’hiver suivant, les pièces sur rue voient apparaître des auréoles sombres au ras du sol, alors qu’elles étaient saines depuis des décennies. Le nouveau revêtement bloque tout simplement l’évaporation du sol extérieur, et l’eau cherche une autre voie : les murs.

Autre facteur méconnu : la manière dont la maison est rénovée. Une isolation mal pensée, des enduits ciments sur un bâti ancien, des peintures plastiques à répétition réduisent fortement la perméabilité à la vapeur d’eau. Le mur absorbe toujours, mais n’arrive plus à rejeter l’excès d’humidité. Les erreurs les plus fréquentes dans une rénovation écologique ou énergétique sont d’ailleurs bien documentées, et un détour par des ressources dédiées aux erreurs à éviter en isolation écologique peut éviter de transformer un projet vertueux en source de désordres d’eau.

Un point surprend souvent : par temps chaud et sec, les marques de remontée capillaire deviennent parfois plus visibles. L’évaporation en surface s’accélère, le mur “tire” davantage d’eau depuis le sol pour compenser, et la frontière humide monte légèrement. C’est ce qui explique pourquoi certaines façades de maisons exposées plein sud présentent des taches plus nettes en été qu’en hiver.

Les matériaux eux-mêmes jouent un rôle central :

  • Les briques anciennes et les pierres tendres possèdent une porositĂ© importante et rĂ©gulière, propice Ă  la migration de l’eau.
  • Les mortiers de ciment ajoutĂ©s lors de rĂ©novations locales crĂ©ent des zones plus fermĂ©es, qui peuvent dĂ©tourner ou concentrer l’humiditĂ©.
  • Les enduits plâtre en bas de murs sont particulièrement sensibles aux sels, qui les font fariner puis se dĂ©coller.

On comprend alors pourquoi l’approche “on recouvre, et on verra bien” ne fonctionne pas longtemps. Tant que l’eau circule librement depuis le sol vers la maçonnerie, la peinture la plus performante ne fera que retarder l’inévitable cloquage. Le bon sens consiste donc à agir à la base du problème : réduire la charge en eau autour des fondations, bloquer la montée par capillarité, puis laisser au mur la possibilité de sécher.

La compréhension de ces mécanismes ouvre la porte à des solutions ciblées : injection, drainage, électro-osmose, protection des soubassements. La section suivante détaille ces pistes, en mettant l’accent sur les cas concrets et les critères de choix.

Traitements des remontées capillaires : quelles solutions efficaces pour des murs enfin secs ?

Une fois l’origine confirmée, la question devient très pratique : comment stopper la remontée d’eau dans les murs, sans se ruiner ni multiplier les chantiers inutiles ? Plusieurs familles de solutions existent, chacune avec ses avantages, ses limites et ses contextes de pertinence. L’objectif reste le même : créer une barrière à la base, diminuer l’eau au contact des fondations et permettre à la maçonnerie de retrouver un équilibre sec.

La technique la plus répandue aujourd’hui est l’injection de produits hydrofuges. Elle consiste à percer une ligne de trous réguliers en bas de mur, généralement tous les 10 à 15 cm, puis à y injecter une résine ou un gel hydrophobe. Ce produit se diffuse dans les pores du matériau et forme, après réaction, une barrière interne qui repousse l’eau. L’injection convient à de nombreux types de maçonneries (brique, parpaing, moellons) et ne nécessite pas forcément une intervention par l’extérieur, ce qui est précieux en maison mitoyenne.

Pour être efficace, l’injection doit respecter plusieurs règles : positionner la ligne le plus bas possible, adapter le diamètre et la profondeur des forages au mur, et gérer les sels déjà présents. Sans ce dernier point, les enduits peuvent continuer à se dégrader, même si la remontée est stoppée. C’est pourquoi ce traitement est souvent couplé à la dépose des revêtements abîmés et à la mise en œuvre d’un enduit de rénovation respirant.

Dans certains contextes, le drainage périphérique devient un allié incontournable. L’idée est simple : réduire l’eau en contact permanent avec les fondations en installant un drain dans une tranchée, protégé par un géotextile et recouvert de gravier. Ce système collecte les eaux et les évacue vers un point bas ou un réseau adapté. Sur un terrain naturellement gorgé d’eau, ou en pied de talus, l’amélioration peut être spectaculaire. En revanche, en milieu urbain dense ou en mitoyenneté, le terrassement reste parfois impossible ou trop coûteux.

Une troisième famille de solutions, plus technique, repose sur l’électro-osmose. Des électrodes installées dans les murs et le sol, reliées à un boîtier, modifient les échanges électriques entre l’eau et la maçonnerie, ce qui repousse l’eau vers le sol. Ce procédé peut se révéler pertinent dans des bâtis fragiles, patrimoniaux ou difficiles d’accès, à condition d’être dimensionné avec sérieux et de fonctionner en continu. Son intérêt se mesure sur le temps long, avec un suivi d’humidité régulier.

Pour vous aider à comparer ces options, un tableau synthétique apporte un repère utile :

Solution Principe Contextes adaptés Points de vigilance
Injection d’hydrofuge Création d’une barrière étanche à l’intérieur du mur Maçonneries accessibles, murs de faible à moyenne épaisseur Bien gérer les sels, respecter la hauteur et le maillage des forages
Drainage périphérique Évacuation de l’eau autour des fondations Maisons isolées, terrains humides, accès extérieur possible Veiller à la pente et au rejet des eaux, éviter d’amener l’eau vers la maison
Électro-osmose Modification des flux d’eau par champ électrique Bâtis anciens sensibles, contraintes patrimoniales Installation sérieuse, alimentation permanente, suivi dans le temps

Dans beaucoup de maisons, un traitement combiné offre les meilleurs résultats : injection pour couper la capillarité, drainage pour soulager la pression d’eau, protections des soubassements extérieurs (enduits adaptés, revêtements perméables) pour accompagner l’ensemble. Cette combinaison s’accompagne systématiquement de la reprise des finitions intérieures, avec des produits conçus pour laisser le mur respirer.

Les solutions purement superficielles – peintures “anti-humidité”, enduits étanches appliqués sur un mur encore imbibé – donnent rarement satisfaction à moyen terme. Elles masquent pour un temps, puis se dégradent brutalement. Dans le salon de Nadia et Karim, par exemple, c’est uniquement après une injection réalisée correctement, suivie de la dépose du plâtre malade et d’un enduit respirant, que les cloques ont enfin cessé de revenir.

Une fois la remontée coupée, le travail n’est pas terminé : il faut accompagner le processus d’assèchement, qui peut durer plusieurs mois selon l’épaisseur et la nature des murs. C’est ce qui amène naturellement au sujet des enduits, du salpêtre et des finitions intérieures : une étape souvent sous-estimée, mais décisive pour un résultat durable.

Enduits respirants, salpêtre et finitions : réparer durablement après les remontées capillaires

Stopper la remontée d’eau ne suffit pas à rendre un mur immédiatement sain. L’humidité déjà stockée dans la maçonnerie doit s’évacuer, et les sels minéraux accumulés continuent de travailler pendant un certain temps. D’où cette impression trompeuse : “les travaux sont faits, mais la peinture cloque encore”. En réalité, c’est souvent l’étape de reprise des enduits et finitions qui a été bâclée ou précipitée.

Le salpêtre, ces dépôts blanchâtres poudreux qui apparaissent en surface, est le résultat de l’évaporation de l’eau chargée en sels. Se contenter de le gratter sans réfléchir revient à enlever la fumée sans s’occuper du feu. Le bon réflexe consiste à déposer les parties d’enduits dégradés, laisser le support respirer, traiter si besoin avec des produits spécifiques, puis reconstituer un enduit de réparation adapté. Les ressources pratiques dédiées à la gestion de ces dépôts, comme ce dossier sur l’enduit et humidité des murs, aident à choisir les bons systèmes.

Dans un mur ancien, un enduit à la chaux ou un enduit de rénovation dit “assainissant” se montre bien plus coopératif qu’un mortier ciment classique. La chaux laisse passer la vapeur d’eau, tolère mieux les mouvements du support et participe à la régulation hygrothermique de la pièce. L’objectif n’est pas de tout imperméabiliser, mais d’accompagner la sortie de l’humidité résiduelle tout en protégeant les surfaces.

Les doublages intérieurs ajoutent un degré de complexité. Lorsqu’un mur humide est recouvert de plaques de plâtre, la zone cachée devient un terrain favorable aux moisissures et à la dégradation des matériaux. Il est alors crucial de comprendre la configuration : doublage collé, ossature métallique, laine minérale, vide d’air. Des ressources spécifiques sur les remontées capillaires derrière le placo détaillent les risques et pistes de solution, notamment lorsqu’il faut choisir entre démontage complet ou traitement partiel.

Un scénario fréquent illustre bien les enjeux. Dans un salon des années 1930, après traitement par injection, la propriétaire souhaite poser un papier peint vinyle pour un rendu “propre et facile d’entretien”. Son artisan lui conseille au contraire d’attendre que les mesures d’humidité se stabilisent, d’appliquer un enduit respirant puis une peinture minérale. Le choix est moins “brillant” sur le moment, mais trois ans plus tard, le mur est resté impeccable, sans cloques ni odeurs.

Les finitions à privilégier sur un mur qui a souffert de remontées capillaires sont par exemple :

  • Peintures minĂ©rales ou Ă  la chaux, permĂ©ables Ă  la vapeur d’eau.
  • Enduits de rĂ©novation macroporeux permettant la migration de l’humiditĂ© rĂ©siduelle.
  • RevĂŞtements muraux non plastifiĂ©s, respirants, en particulier dans les pièces de vie.

À l’inverse, mieux vaut éviter les peintures plastiques très fermées, les papiers vinyles, les lambris étanches posés à même un mur qui n’a pas fini de sécher. Ils créent de véritables “capsules” où l’eau et les sels se concentrent, accélérant la dégradation cachée du support.

La question de l’isolation ne doit pas être oubliée. Poser une isolation par l’intérieur contre un mur encore humide augmente les risques de condensation interne, de moisissures et de perte de performance thermique. Lorsqu’elle est envisageable, une isolation thermique par l’extérieur permet de garder la maçonnerie dans le volume chauffé tout en la protégeant, à condition d’avoir au préalable traité l’humidité ascendante. C’est une approche particulièrement pertinente pour les maisons en pierre, dont le confort s’améliore considérablement avec une isolation adaptée.

En filigrane, un principe se dessine : chaque couche ajoutée sur un mur – enduit, peinture, isolant, revêtement décoratif – doit respecter sa capacité à sécher. Un mur ancien qui peut respirer, avec une remontée capillaire stoppée, devient un atout de confort durable plutôt qu’une source de tracas.

Diagnostic et prévention : protéger votre maison de l’humidité ascendante sur le long terme

Traiter une remontée capillaire est une chose, empêcher qu’un problème d’humidité ne se réinstalle en est une autre. Le diagnostic initial et la prévention sur le long terme jouent un rôle clé pour éviter les surcoûts, les chantiers à répétition et les conséquences sanitaires. Une approche méthodique, pièce par pièce et autour de la maison, permet de repérer les facteurs de risque et de prioriser les actions.

Un diagnostic sérieux va au-delà d’un simple coup d’œil ou d’un devis rapide. Il combine relevés visuels (hauteur et forme des traces), mesures d’humidité, analyse des abords (niveau des sols, type de revêtements extérieurs, écoulement des eaux pluviales) et examen des matériaux. Dans les cas complexes – sous-sol, planchers bois, rénovation récente avec menuiseries très étanches – cette vision globale empêche de confondre condensation, infiltration et remontée capillaire.

Certaines situations appellent particulièrement à approfondir l’analyse : présence d’humidité sur plusieurs façades, traces à la jonction mur/plancher bois, odeurs fortes dans des zones cachées, ou apparition de champignons lignivores. Pour ce dernier point, disposer d’un guide pratique pour repérer la mérule dans un logement permet de distinguer une simple moisissure superficielle d’un vrai risque pour la structure.

Côté prévention, une série de gestes et de vérifications simples réduit fortement les risques de voir revenir des murs humides :

  • ContrĂ´ler rĂ©gulièrement l’étanchĂ©itĂ© des gouttières et descentes, en s’assurant que l’eau de pluie soit bien rejetĂ©e loin des façades.
  • VĂ©rifier que le niveau des sols extĂ©rieurs reste infĂ©rieur Ă  celui des planchers intĂ©rieurs, pour Ă©viter que l’eau n’affleure au niveau des murs.
  • PrivilĂ©gier des revĂŞtements extĂ©rieurs permĂ©ables (pavĂ©s, graviers, joints drainants) plutĂ´t que tout bĂ©tonner autour de la maison.
  • Maintenir une ventilation efficace (VMC entretenue, aĂ©rations non bouchĂ©es, ouverture rĂ©gulière des fenĂŞtres).
  • Éviter de plaquer durablement des meubles volumineux contre les murs les plus sensibles, afin de laisser l’air circuler.

Ces gestes, souvent perçus comme des détails, jouent un rôle déterminant : une maison où l’eau de pluie est bien évacuée, où le sol peut respirer et où l’air circule correctement offre beaucoup moins de prise à l’humidité ascendante et à ses conséquences. Ils complètent les traitements ponctuels pour faire de la prévention un réflexe durable.

Au fil de ces étapes, un fil conducteur se dessine : un mur sain est un mur qui peut sécher. De la base des fondations aux finitions intérieures, chaque choix devrait être passé au crible de cette simple question : “Est-ce que cela aidera mon mur à rester sec et respirant, ou au contraire à piéger l’humidité ?”. En gardant cette boussole à l’esprit, la plupart des décisions deviennent plus claires, et il devient beaucoup plus simple de protéger durablement son logement.

Comment distinguer clairement une remontée capillaire d’un problème de condensation ?

La remontée capillaire se manifeste surtout en bas des murs, avec des traces qui montent en vagues irrégulières, souvent accompagnées de salpêtre et d’enduits qui se décollent près du sol. La condensation touche plutôt les zones froides et peu ventilées (angles de pièces, plafonds, derrière les meubles), avec de fines gouttelettes et des petites moisissures diffuses. Un diagnostic avec mesures d’humidité dans l’épaisseur du mur permet de confirmer l’origine du problème et d’éviter un traitement inadapté.

L’injection d’hydrofuge suffit-elle toujours à traiter les remontées capillaires ?

L’injection est une solution très efficace pour créer une barrière contre l’eau dans la plupart des maçonneries, à condition d’être bien dimensionnée et réalisée correctement. Toutefois, elle doit souvent être complétée par la reprise des enduits intérieurs avec des matériaux respirants, la gestion des sels (salpêtre) et, dans certains cas, par des travaux extérieurs comme un drainage. Sans cet ensemble cohérent, le risque est de voir les finitions se dégrader malgré la coupure de capillarité.

Combien de temps faut-il laisser sécher un mur après un traitement de remontées capillaires ?

La durée de séchage varie selon l’épaisseur, le type de matériaux et le niveau d’humidité initial. Il faut souvent compter plusieurs mois pour qu’un mur retrouve un taux d’humidité stable, parfois davantage pour des murs très épais en pierre. Refaire les finitions trop tôt, surtout avec des revêtements fermés, est une cause fréquente de cloques et de taches qui reviennent. Un professionnel peut suivre l’évolution avec des mesures et vous indiquer le bon moment pour intervenir.

Les peintures et enduits dits anti-humidité sont-ils une bonne solution de long terme ?

Ces produits peuvent temporairement masquer l’apparence des taches, mais ils ne coupent pas la remontée d’eau depuis le sol. Appliqués sur un mur encore humide, ils risquent de bloquer l’évaporation, de concentrer l’humidité dans l’épaisseur et d’accélérer le décollement ou la fissuration. Pour un résultat durable, il est préférable de traiter d’abord la cause (barrière de capillarité, drainage, gestion de l’eau) puis de choisir des finitions perméables à la vapeur d’eau.

Est-il possible d’isoler un mur qui a été touché par des remontées capillaires ?

Oui, mais uniquement après avoir traité efficacement la remontée d’eau et laissé le temps au mur de sécher. L’isolation par l’intérieur sur un support encore humide augmente les risques de condensation cachée et de moisissures. Lorsqu’elle est envisageable, une isolation par l’extérieur est souvent plus sûre et plus performante pour ce type de paroi, en gardant la maçonnerie dans le volume chauffé tout en la protégeant des écarts de température.

Résumer avec l'IA :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut